Bertrand Badie, Vocation professeur.
Bertrand Badie, professeur émérite de Relations Internationales à Sciences-Po Paris n’a eu de cesse de dénoncer l’arrogance de l’Occident, celle d’un monde qui humilie pour mieux dominer. Une humiliation que le professeur vit dans sa chair tant il porte les souffrances de l’exil hérité. Tout commence avec le voyage extraordinaire de son père (00:55) de Perse jusqu’en France en 1928, en quête d’un Occident rêvé. Un père idolâtré par son fils, et humilié par la France, qui lui refuse le droit de l’installer comme chirurgien à la Libération (01:51) alors qu’il s’était engagé dans la Résistance. Bertrand Badie lui grandit en pleine décolonisation, se fait traiter de « bigot » (02:25) à l’école, et s’identifie aux nouveaux héros du monde dominé - du Che, à Ho Chi Minh (04:45) - qui enfin prend sa revanche. « Sciences-Po le guérit » (05:32), et Badie découvre qu’il n’est plus « seul au monde » (04:58). Il sillonne la planète, enseigne dans 75 pays, partout sauf chez lui en Iran. Pendant un voyage étudiant en Iran dans les années 70, il a la « vision, presque la prévision » (10:58) d’une révolution religieuse qui deviendra réalité avec l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini en 1979. Depuis, Bertrand Badie n’est jamais retourné en Iran. En 2018, le professeur prend officiellement sa retraite et quitte un amphi « qui lui ressemble, issu d’un mixage incroyable ». Badie se réjouit du changement d’époque : la diversité vécue comme une faiblesse est finalement « une force, et une réussite » (14:00) !
1925-1979 - DYNASTIE PAHLAVI :
Auréolé de ses victoires militaires, Reza Khan devient chef de l’armée iranienne en 1921, puis Premier Ministre. De plus en plus populaire, Reza Khan supplante la dynastie Qadjar en fondant la dynastie Pahlavi en 1925. Son fils, Muḥammad Reza, lui succède en 1941 et continue la modernisation du pays entamée par son père et tourné vers l’Occident.
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