Marek Halter, vocation émissaire au Proche-Orient.
Nasser, Sadate, Arafat, Golda Meir, Shimon Peres, Yitzhak Rabin… Marek Halter les a tous rencontrés dès les années 50 « parce qu’ils étaient sensibles à -son- histoire », une histoire résolument hors normes.
Né à Varsovie avant-guerre, « un monde disparu pour toujours », d’un père imprimeur et d’une mère poétesse yiddish, le jeune garçon juif polonais fuit avec ses parents l’invasion nazie vers les républiques soviétique d’Asie centrale, peuplées à majorité de musulmans. Sa petite soeur meurt de faim, ses parents sont malades, et le jeune Marek doit voler pour s’en sortir – avant d’être choisi pour remettre des fleurs à Staline « plus petit que sur le tableau, pas très beau, avec des petits trous dans la tête » pour fêter la victoire contre les nazis sur la Place rouge.
Mythe ou réalité ? Marek Halter est un conteur « doué pour raconter des histoires, pour les enrichir, les prolonger, et en inventer d’autres ».
Le peintre parisien devenu écrivain a incontestablement oeuvré au Proche-Orient, persuadé que le dialogue est la seule solution entre ennemis. Après la guerre des Six-Jours, Golda Meir lui défend de serrer la main « pleine de sang juif » de Yasser Arafat. Il ne réussit pas non plus à la convaincre de redonner à l’Egypte le Sinaï occupé depuis 1967 en échange d’une reconnaissance de l’état hébreu. Il vit la guerre du Kippour comme un échec personnel, mais sait qu’Anouar el-Sadate, qui « a montré qu'il pouvait affronter Israël », pourra désormais suivre le conseil murmuré quelques années plus tôt et devenir le premier dirigeant arabe à prononcer un discours à la Knesset et à reconnaitre l’état d’Israël.
Marek Halter jouera aussi son rôle dans les accords d’Oslo ; il organise une rencontre chez lui à Paris entre Yasser Arafat et Shimon Peres, puis persuade Yitzhak Rabin « qu'Arafat était l'homme avec qui on pouvait aboutir à un accord ».
30 ans se sont passés depuis les accords d’Oslo, « un monde sans prophètes » que Marek Halter déplore. Il prévient que la vengeance est un cycle sans fin, et qu’il « faut à un moment dire stop ».
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