MARIE DOSÉ, vocation pénaliste
Libre, Marie Dosé conçoit la défense comme un contre-pouvoir. Affaire Tarnac, Karachi, défense de Julien Bayou, et des familles jihadistes, Marie Dosé aime les cas désespérés car les « innocents sont ceux qui se défendent le plus mal » (01:02). Adolescente virtuose, Marie Dosé a déjà « besoin de s’abrutir » dans le travail (02:59), et intègre le conservatoire de Nancy car « Beethoven, vous vous fait beaucoup plus de bien qu'une colère ou qu'une crise de larmes » (02:24). À 18 ans, une maladie des mains l’empêche pourtant de poursuivre sa vocation : drôle d’ aubaine pour celle qui ne « s’autorisait pas à rêver la vie qu’ - elle a - aujourd’hui : Paris, avocat, la cour d’assises ». Puis tout s’enchaine, Marie Dosé rentre en stage chez Henri Leclerc et « regarde, regarde » celui qui avait un « sens de l’audience impressionnant » (04:11) ; prête serment à 21 ans ; se mobilise contre Sarkozy « qui transforme la justice en outil de communication politique » (04:45); et fait ses armes auprès de François Cotta, « combattante qui n’avait peur de rien ni de personne » (05:14). Elle ouvre son cabinet en 2005 après deux ans d’exercice: « j'avais besoin d'être seule face à mon serment, seule face à mes clients en détention et de créer mon propre rapport à la profession »(06:37). Marie Dosé conçoit « le parloir comme la base du travail d'un pénaliste », refuse qu’on lui impose une défense car son « rôle n'est pas de conforter quelqu'un dans une idéologie qui l'a conduit à commettre le pire » (07:31). Elle s’insurge contre les magistrats qui en matière terroriste ne savent que « cogner, cogner, cogner » et prend la défense des femmes et enfants de jihadistes que l’Elysée a longtemps refusé de rapatrier. Elle avoue avoir peur car « Daesh nous remercie de rester cramponnés à nos peurs et de ne pas résister au terrorisme avec l'Etat de droit et avec l’humanité » (12:13). Libre, et à contre-courant, Marie Dosé milite pour le droit à l’oubli, à la défense, seuls gages d’une société démocratique, et c’est pour ça qu’elle « n’acceptera jamais de se taire ». (16:42).
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